Thé +Toi en Chine… Jour 9/Quian Jiang Yuan & Hangzhou (Zhejiang)

Dimanche 12 Avril

Aujourd’hui, nous décollons de bonne heure et nous retrouvons autour d’un délicieux petit-déjeuner pour déguster la spécialité locale – les crêpes de blé au miel d’orchidée. MIAM ! Ensuite, nous partons visiter une superbe cascade avant de prendre la route pour rentrer sur Hangzhou. La circulation est pour le moins sportive et riche en secousses – comme nous croisons bon nombre de cars de touristes venant à leur tour visiter la cascade. Mais après 5 bonnes heures de route, nous arrivons à Hangzhou.

Là, nous nous rendons chez Maître Joe Zheng – grand maître de thé bouddhiste, qui nous reçoit pour une dégustation de wulongs d’exception – des grands crus, que nous ne pourrons déguster/acheter, que dans son établissement. Autant vous dire que l’excitation est à son comble. Pour la petite information, les wulongs (aussi appelés oolongs ou thés bleus-verts) sont des thés semi-oxydés de 25% à 75%. Au programme donc, 3 wulongs moyennement oxydés préparés au Gong Fu Cha.

Au cas où vous ne sauriez pas ce qu’est le Gong Fu Cha, c’est 1 méthode traditionnelle chinoise de préparation du thé. Je pense qu’il est elle préférable que vous visualisiez les différentes étapes. Le Palais des Thés offre une explication aussi claire que concise. Je vous invite donc à cliquer ici. Pour ma part, je ne me lasse pas de cette méthode de préparation car elle me permet de savourer pleinement les différentes étapes de la dégustation. Bref, j’aime la manière dont elle ouvre mes sens.

Nous commençons donc (1) La Crête du Coq, puis (2) Tielucochan et (3) Zhen Shan Xiao Zhong – un thé fumé aux aiguilles d’Epicea. Pour chaque thé, Maître Zheng procède à 10 infusions. Comme nous sommes sur des grands crus, il est possible d’aller jusqu’à 20 voire 30 infusions contre 5 à 8 max. en temps ordinaire. Au total, nous procédons à 30 dégustations en l’espace de 2h !!! Les infusions sont toutes aussi différentes les unes que les autres, et c’est un véritable plaisir que de suivre l’évolution du profil aromatique de chaque thé – au fur et à mesure des dégustations. Notez que ce sont tous des thés de 2014, car ils ont été régulièrement rôtis. Quelle expérience extraordinaire ! J’avais pu déguster de beaux wulongs à l’Ecole du Thé au à La Maison des 3 Thés (5ème arr./Paris), mais jamais de grands crus. Autant vous dire que leur subtilité était telle que ce fût un pur moment de délectation. Pour la petite touche éducative, voici un récapitulatif de ce que j’ai appris de Maître Zheng sur la/sa famille de wulongs. Il en existe plus de 1000 variétés différentes. Certaines sont très rares car il ne reste plus qu’un théier. C’est une famille de thés peu connue en Europe mais également en Chine – puisque les ¾ de la population ignorent ce qu’est un wulong. En fait, un accompagnement est nécessaire pour le vendre/le servir/le consommer correctement. Lorsque l’on procède à sa préparation, il faut enchaîner les dégustations car l’infusion évolue constamment avant de se stabiliser – pour enfin s’estomper. Si un thé est faiblement oxydé, il aura plutôt des notes florales/végétales. Elles évolueront vers des notes boisées/humus/sous bois – si le thé est fortement oxydé.

Notez que plus le théier sera vieux, plus le thé sera parfumé. Et le plus vieux théier de Chine/du monde se trouve à Pu’er dans la province du Yunnan. Selon les sources, il a entre 1800 et plus de 2700 ans. Mais il semblerait qu’il y aurait encore plus vieux – dans la provine du Fengqing soit 3750 ans.

Maître Zheng est pour sa part un autodidacte c.à.d qu’il a appris son métier tout seul. Il a toujours eu un intérêt pour le thé. Il a donc rencontré de vieux producteurs de thé pour ensuite acquérir son savoir – seul. Il est extrêmement exigeant, d’où la très grand qualité des thés qu’il sélectionne. Il se rend chez les producteurs – directement, afin de s’assurer qu’ils fabriquent bien leur thé à l’ancienne. Il ne travaille donc qu’avec une vingtaine de producteurs et n’achète que quelques kilos de chacun.

Ma belle découverte du jour est le thé fumé. En Europe, on pensera naturellement au Lapsang Souchong… mais non ! Pour commencer, il s’agit d’un thé rare car le producteur a l’autorisation de le produire tous les 4 ans – uniquement. En effet, il est basé dans une province que l’on qualifie de « réserve » et le fumage se fait dans une cabane en bois à 3 planchers – durant 24h où l’embrasement se fait très rapidement. La fabrication de ce thé nécessite l’intervention de 2 personnes c.à.d. une en charge du thé et l’autre en charge du fumage. Enfin, l’intensité du thé est liée au temps d’exposition. Il est donc 1000 fois plus subtil qu’un Lapsang Souchong – je dois l’avouer. Mais, à 300 CNY (+/- 45€), j’ai du renoncer à l’acheter – même s’il se bonifie avec le temps comme 1 pu-ehr 🙂 J’ai du mal à trouver un complément d’informations sur le Lapsang Souchong, de ses origines à sa fabrication. Je vous invite donc à consulter le Blog Chercheur de Thé de François-Xavier Delmas – pour les origines, et le Blog de Guillaume Devaux Au Paradis du Thé – pour la fabrication.

Après une si belle rencontre/dégustation, il n’y a rien de mieux qu’1 petite balade nocturne dans les rue d’Hangzhou avant de se poser dans un Noodle Bar ouïgour – 1 peuple turcophone & musulman habitant en Chine & en Asie centrale. Si vous connaissez Les Pâtes Vivantes ou un équivalent sur Paris ou ailleurs, c’est le même principe. Sauf que dans notre cas, c’est halal. Personnellement, je vous le recommande – c’est un chouette spectacle.

Restez connect(h)és… la suite de mon voyage en Chine sera en ligne dès Lundi 10 Août.

En attendant, qu’en pensez-vous ? Le récit de mon expédition dans la Chine du Thé & de la porcelaine réveille-t-il en vous une folle envie de le vivre à votre tour ?

Addie.

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